Payer plus cher pour une société plus juste, plus saine et plus responsable

Payer plus cher pour une société plus juste, plus saine et plus responsable

La part de l’alimentation dans les dépenses des foyers ne cesse de diminuer depuis des décennies. On consacre moins d’argent à se nourrir et plus à se divertir, et accessoirement à payer des impôts. La faute à qui ? La politique d’industrialisation de l’agriculture depuis les années 60 d’un côté et à la course au bas prix des enseignes de grande distribution de l’autre, le tout saupoudré de subventions européennes… Croire que le gagnant est au final le consommateur que nous sommes est de la poudre au yeux.

Les produits issus de l’agriculture industrielle intensive permettent de réaliser des économies d’échelle importantes, bien sur, mais trop généralement au détriment du goût, des qualités organoleptiques, de la santé, de l’environnement, de l’emploi et de l’équilibre social en milieu rural.

Sur Pourdebon nous défendons les produits de qualité et non de quantité, le travail artisanal et fermier dans le respect de notre environnement. Nous défendons implicitement le goût et la santé et nous souhaitons avant tout valoriser le travail des bons producteurs et artisans.

Mais produire mieux a obligatoirement des impacts économiques. Souvent les produits de qualité ne sont pas – contrairement aux idées reçues – « moins chers ». Loin de là.

Un poulet fermier élevé en France entre 100 et 120 jours au grain et ayant connu les grands espaces coûtera forcément plus cher qu’un poulet en batterie élevés au Brésil pendant 30 à 40j. Pour le premier le producteur paye plus de foncier et a un délai de production 2 à 3 fois plus long, le second paye moins de salaire, moins de charges, moins de foncier, multiplie ses rendements par 3 ou 4 (+ de poulet au m2, moins de coûts fixes par poulet). Même revendus par des intermédiaires (Grossistes -> Grande Distribution) le prix au consommateur final sera forcément bien moins élevé qu’un vrai poulet de ferme vendu en direct – et c’est sans parler des Promo d’appel en GD à zéro marge…

De bons et goûteux poulets de ferme ne peuvent pas rivaliser en prix avec ceux vendus en GD. Tout comme ils ne peuvent pas rivaliser en qualité, en goût et en tenu de cuisson…

Et cela est aussi valable pour la filière viande, charcuterie, maraîchère. Plus l’animal, le fruit ou le légume sera « naturellement » élevé, dans le respect de la nature et de l’animal, plus il en coûtera – en prix affiché – au consommateur final. Mais moins il lui en coûtera en « coûts cachés ». Alors avant de vous dire que tel produit est très cher, posez-vous la question de la provenance et de la qualité de développement que ce produit a connu.

Les coûts cachés ou indirects de la production industrielle :

Rien ne se perd, tout se transforme…

Les économies faites sur les coûts de production par les industriels ont d’insidieux impacts sur notre notre environnement, notre santé et l’équilibre économique de nos régions.

1) Coût écologique : d’immenses terres sont appauvries par les méthodes de cultures intensives, les intrants (angrais, herbicides, pesticides, fongicides…), les déchets de production, l’uniformisation des productions (mono-cultures) au détriment des variétés multiples, etc…

2) Coût sur la santé : mal-bouffe, obésité (18% de la population française en surpoids), nombreuses crises (grippe aviaire, vache folle, ou récemment contamination des oeufs au fipronil…), perte du goût, de la saveur, nécessitant l’ajout constant d’exhausteur de goût (additifs alimentaires), etc…

3) Coût Social : +200 fermes disparaissent chaque semaine, 20% de taux de suicide en plus chez les agriculteurs, en 2015, 30% des agriculteurs imposés au régime réel ont eu des revenus équivalents à 354 euros par mois (source)…

4) Coût financier : ce sont les petits producteurs qui subissent les obligations européennes de mise au norme et de conditions sanitaires parfois cauchemardesques pour leurs petites exploitations. Ce sont les industriels et non les petits producteurs qui bénéficient pour la plupart des aides européennes (proportionnelles à la taille de leurs exploitations).

5) Coût Nutritif : Les légumes hybrides (comme les tomates) ont beaucoup moins de nutriment et de vitamines que les légumes issu d’une agriculture paysane.

Ces coûts c’est nous qui au final les supportons avec nos impôts.

Manger responsable c’est donc prendre en considération tout cela et accepter de payer parfois plus cher pour une société plus juste, plus sociale, meilleure pour notre santé et notre environnement, pour nous mais également nos générations futures.

Comme l’écrit si bien Alain Ducasse et Christian Regouby « Manger est un acte citoyen« , en choisissant ce que l’on met dans son assiette on devient acteur du monde que l’on veut pour nous et nos enfants et l’on donne du sens à sa consommation.

 

Nos autres sujets d’actus c’est par ici !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*